Claude Bonard raconte l’Etat de Genève, vu de derrière le rideau


Littérature / mercredi, novembre 2nd, 2022
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Derrière le rideau, l’ex-vice-Chancelier Claude Bonard

  • Ancien secrétaire général de la Chancellerie d’Etat et suppléant du Chancelier d’Etat, Claude Bonard vient de publier ses chroniques aux éditions Slatkine: Derrière le rideau.
  • Son parcours l’a mené à la Chancellerie d’Etat, après quelque 17 ans passés dans le privé, chez Maus Frères, dans la publicité et chez Swissair.
  • Spécialiste des affaires militaires et des relations suisso-polonaises, Claude Bonard a notamment contribué à la revue Passé Simple. 
  • Officier de l’Ordre du mérite de la République de Pologne depuis 2008, il séjourne une partie de l’année sur les rives de la Vistule, à Varsovie.

Claude Bonard, témoin de l’histoire de Genève

La machine étatique genevoise a des rouages huilés et un fonctionnement qui échappe souvent au commun. Entré dans la fonction publique en 1985, Claude Bonard l’a vu tourner de l’intérieur à la Chancellerie d’Etat. Retraité depuis 2010, il a senti que le temps était venu de s’ouvrir. Son livre Derrière le rideau (éd. Slatkine) révèle l’envers du décor, dans le respect du secret fonction, entre moments tendus ou cocasses, historiques ou passés à l’as. En filigrane, le texte le laisse deviner, Claude Bonard est un personnage de roman.

De son propre aveu, le parcours de Claude Bonard a été « sinueux » et sa vie, « extraordinaire ». On peut le dire : c’est son destin qui l’a construit et qui l’a conduit au plus haut niveau politique. « Je suis devenu universitaire sans faire de maturité, officier spécialiste sans avoir fait d’école d’officiers et vice-Chancelier sans l’avoir voulu », sourit-il. Avec dix ans de recul, il en est convaincu, tous ceux qui ont connu la Chancellerie au début du siècle ont vécu un certain âge d’or, quand ses fonctions étaient flamboyantes. Il suffit de parcourir les pages de son livre pour se rappeler les espoirs collectifs et les luttes, locales et internationales. On imagine volontiers l’adrénaline, les temps étaient palpitants sur tous les fronts. 

Petites chroniques de la rue de l’Hôtel-de-Ville

Claude Bonard s’était promis de « servir et disparaître », comme tout fonctionnaire. Son ancien « patron », l’ex-Chancelier Robert Hensler l’a encouragé – au contraire – à publier ses souvenirs issus de sa carrière au plus près de la vie politique. Ainsi, Derrière le rideau en rassemble une sélection  et se trouve agrémenté de 15 photos « entre rue de l’Hôtel-de-Ville et Tour Baudet » de Laurent Guiraud.

Cet authentique témoignage historique de Claude Bonard se lit comme un recueil de nouvelles d’espionnage. Et grâce à ce guide truculent, les lecteurs et lectrices ont effectivement l’impression de guigner ce qui s’est tramé autour de la Chancellerie et d’accéder à des endroits généralement à l’abri des regards, sinon à des personnalités qui ont fait l’histoire récente de la République et des nations étrangères.

L’auteur revient sur des instants souvent mouvementés et insuffle suffisamment de vie dans ses chroniques pour que les néophytes aussi se laissent emporter par le récit. Au-delà de son style et de sa forme, le livre est passionnant par son contenu. Claude Bonard est un puits de science et une mémoire vivante de la Cité de Calvin. Ses éclairages sur la grande Histoire (lointaine), comme sur les événements qui ont marqué nos mémoires (11-Septembre, G8 d’Evian-les-Bains…) sont riches, d’information et de détails qui permettent de se projeter. À l’heure où l’immersion a le vent en poupe, son livre Derrière le rideau tombe à pic.

+ d’infos

Derrière le Rideau, Claude Bonard
éd. Slatkine, 144 pages

Sur le site de son éditeur

Photo: ©Christophe Genoud

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