Histoires de Genève, une galerie magie et mystères


Balades / samedi, novembre 7th, 2020
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Histoires de Genève, une galerie d’anonymes

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  • Le projet « Histoires de Genève » a démarré au mois de septembre 2020.
  • S’inspirant d’un projet new-yorkais, il rapporte les histoires de personnes croisées à Genève, et en propose un portrait photographique.
  • Parce qu’il met des personnages en perspective avec leur histoire, il fait écho en l’approfondissant au projet « Genève, sa gueule », lancé en 2014 par le service Agenda21- Ville durable de la Ville de Genève.
  • L’initiateur tient à s’effacer et préfère rester anonyme pour mettre autrui en lumière.
  • Certaines personnes rencontrées demandent à ce que Histoires de Genève ne dévoile pas leur visage dans sa galerie.
  • Au-delà des photos, le style brut et vivant donne une unité à ces récits hors-du-commun.
  • Depuis peu, le projet a sa version anglophone.

Portraits tirés quand l’instant est étiré

« Qui sont les gens que l’on croise? » La question effleure parfois l’esprit et s’évanouit comme emportée par la foule. On connait plus ou moins les grands noms, personnages illustres, on a une vague idée des rues d’avant (avec Valentine Mallet) et un lointain souvenir de l’ambiance de la première vague (avec Karine Bauzin). Mais nos voisins, ces frères humains contemporains, qu’en sait-on?

« J’ai eu une éducation turque, et j’ai grandi en Europe. Ça a toujours été compliqué… »

« Je suis chercheur, je travaille à l’université dans la section de la physique cosmologique. »

 

Dans ces histoires de Genève, magie & mystères

Avec sa galerie de personnages, le projet « Histoires de Genève » apporte un début de réponse en prenant le temps de s’arrêter pour discuter. Mieux, en combinant portrait photo et récit de vie, il retient un peu du temps qui passe, en interpellant en douceur, simplement par la force des mots. Avouons-le, en général, les photos défilent sur nos fils d’actualités Instagram, sans laisser de traces, sans que nos sourcils ne se haussent. Avec ce compte-là, ce sont les récits en description qui font lever le pouce et arrêter de scroller. Tellement que nous avons demandé à l’initiateur de nous en dire plus.

Genève Les Portes: Quelle est votre démarche?

Histoires de Genève: La démarche est très simple. Je me balade dans la rue avec mon appareil photo et j’engage la discussion avec telle ou telle personne que je croise. Je lui présente brièvement le projet et lui demande si elle consentirait à jouer le jeu. Puis la discussion commence, et ce qui suit est à chaque fois… un mystère!

Sans grille de lecture

Quand avez-vous commencé ce projet? Et pourquoi?

Le projet a commencé début septembre. J’ai emprunté le format du projet au célèbre blog « Humans of New York », que je suis depuis plusieurs années. J’ai trouvé cette démarche très importante et très puissante, alors j’ai voulu en faire de même là où j’étais.

Le format est très simple, et c’est selon moi ce qui fait la force et l’identité du projet: une photo, une citation. C’est tout. Il n’y a pas de mise en contexte de la discussion, pas de présentation générale de la personne. On plonge directement dans le cœur de son histoire. Moi je n’apparais nulle part, je n’offre aucune grille de lecture, je ne donne pas mon ressenti ou mon point de vue sur telle personne. Alors bien sûr je suis là d’une certaine manière, car il y a un processus de sélection d’une partie de la conversation, et ce que les personnes décident de partager dépend évidemment en partie de moi, mais c’est tout.

Respecter les histoires

Quant aux détails de ce qui m’y a motivé, de ce qui m’inspire dans ce projet… ça n’a pas d’importance. Je pense en effet que c’est crucial que je reste autant que possible en retrait du projet, que toute la lumière soit sur les personnes et leurs histoires. Que ça ne devienne pas « moi qui raconte mes rencontres à Genève », mais autant que possible « les personnes qui se racontent elles-mêmes ». Cela laisse beaucoup plus de place aux lecteurs pour s’approprier le projet comme ils le souhaitent.

Je mets simplement à disposition des lecteurs une sélection d’une conversation que j’ai eue avec une personne à Genève.

Tout le reste leur appartient. Et c’est aussi, je trouve, la meilleure façon de respecter l’histoire de chacun et de chacune.

En quoi Instagram est une bonne plateforme pour de tels récits?

C’est vrai que la simplicité d’Instagram se prête particulièrement bien au format du projet: une photo, un texte. Après je ne sais pas si de publier des histoires comme celles-ci au milieu d’un fleuve de publications en tout genre est la meilleure chose à faire. Le projet est également disponible sur Facebook, mais surtout sur un site internet où l’expérience de lecture est la plus épurée.

Infos sup’

Histoires de Genève
le site web et sur Instagram

Le projet Genève, sa gueule
Le projet américain: Humans of New York, et sur Facebook

Photos: ©Histoires de Genève

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