Des images d’archives de la pandémie pour un film d’auteures


Actus / vendredi, mars 4th, 2022
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Karine Bauzin et Audrey Leclerc, un film d’archives sur la pandémie

  • Le premier film-documentaire de Karine Bauzin et Audrey Leclerc revient sur le vécu de la pandémie à Genève.
  • Elles ont interrogé des personnalités d’horizons et d’âges différents, touchés ou non par la crise sanitaire.
  • Assumant son caractère d’archives pour nos générations et les suivantes, le film alterne prises de vue en couleur et photographies en noir & blanc.
  • Leur travail d’une durée de 45 minutes est à voir sur RTS 2 dimanche 6 mars ou d’ores et déjà sur Play RTS.
  • Mémoires d’une pandémie (Luna films) est leur première collaboration.

Un docu genevois pour ne pas oublier l’inouï

Professionnelles de l’image, Karine Bauzin et Audrey Leclerc ont chacune abouti un projet personnel durant « nos années Covid » (sans doute pas nos plus belles). La première, photographe de presse, a publié le livre Post tenebras lux ; la seconde, biographe audiovisuelle, a pour sa part organisé une exposition (Quarantaine). Ensemble, elles se sont lancées presque naturellement dans un projet de film-documentaire pour garder une trace de ce que nous avons vécu, chacun à notre manière. Aujourd’hui, elles présentent Mémoires d’une pandémie, visible actuellement sur Play RTS et bientôt sur RTS 2.

Souvenez-vous, en septembre 2020, la deuxième vague ne semblait pas certaine. Encore sonnées de ce que nous avions tous vécu au printemps, voilà bientôt deux ans, Karine Bauzin et Audrey Leclerc se sont vite accordées pour se lancer dans un projet à mi-chemin entre l’artistique et l’utilité publique. Ce « grand confinement », quand Genève (et le monde entier) a retenu son souffle, littéralement, a été en tous points extraordinaire.

Poisseuse pandémie

Jamais dans l’histoire de l’humanité, une mesure d’une telle ampleur n’avait été prise pour protéger des concitoyens. Il fallait en garder la trace. Au moins, à l’échelle du canton. « Nous avons eu envie de raconter notre histoire et de faire un vrai film d’auteures, pour la postérité », avouent-elles. Pour que dans cinq ou dix ans, les plus jeunes puissent comprendre ce qui nous est tombé sur la tête entre 2020 et 2021. Et que nous puissions nous souvenir, sans avoir à se pincer, sans avoir à refouler la frustration d’être consignés à domicile pour le bien des plus faibles. 

En près de neuf mois et jusqu’en juin 2021, les deux femmes ont interviewé toutes sortes de gens, musiciens (le groupe Aliose), boucher, projectionniste, restaurateur – et même mon homonyme, ancien directeur du Colis du cœur… Au final, leur film-documentaire rassemble quelque 23 témoignages, de deux jeunes écoliers à une enseignante retraitée, d’une patiente atteinte par le covid-19 à la directrice des Pompes funèbres générales de Genève. « Nous avons cherché à montrer que les gens étaient au même niveau face à la pandémie, qu’il n’y avait plus de hiérarchie ». En filigrane du film, le contexte sanitaire qui évolue et qui a des conséquences directes sur le moral. Souvenons-nous, l’espoir d’un retour à la normale s’est amusé à nous glisser entre les mains, comme le plus poisseux des gels hydroalcooliques. 

Un film d’archives pour raconter l’histoire

Aujourd’hui, ces heures sombres semblent de l’histoire ancienne. Les photos en noir et blanc mettent une distance qui nous confortent dans cette idée. Les témoignages en couleur résonnent particulièrement. Cette forme originale est à l’image du duo, pour qui ce projet de documentaire était la première collaboration. « C’était génial de se dédoubler, cela aurait été impossible de faire ce film seule », estiment les réalisatrices, qui saluent la bienveillance des techniciens avec qui elles ont travaillé et notamment le monteur Lorenzo Valmontone.  La production du docu n’a pas été de tout repos et leur présence en arrière-plan de Mémoires d’une pandémie  laisse imaginer leur énergie et enthousiasme.

La résonnance universelle de ce film d’archives ouvre des perspectives artistiques dans la veine de ce qu’a fait l’association Théâtre pour une cause (TFAC) avec sa pièce 2020 en monologues. Parce que, si nous sommes toutes et tous enclins à tourner la page du covid-19, l’histoire a bien eu lieu. Et qu’il sera sain d’y revenir, plus tard, comme pour les autres événements historiques. Pour ne pas oublier ce que l’on doit aux infirmières et autres « petites mains »; pour ne pas oublier l’interconnexion des individus et l’importance d’être proche de celles et ceux qu’on aime.

+ d’infos

Mémoires d’une Pandémie
de Karine Bauzin & Audrey Leclerc
Luna films, 45 minutes

RTS 2, dimanche 6 mars 2022, 21h55
Play RTS, jusqu’au 5 avril 2022

Photos: ©Karine Bauzin

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